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CREATION DE LA COUPE DE L'AMERICA

Catégorie : 1870 : DEFI N°1

John Cox Stephens George L. Schuyler Edwin A. Stevens

Quand le Commodore John C. Stevens retourna dans son pays en septembre 1851, il emporta avec lui la coupe gagné par America le 22 août contre la flotte du Royal Yacht Squadron. Elle était la propriété du Commodore Stevens et des autres membres du syndicat: Edwin A. Stevens, George L. Schuyler, Hamilton A. Wilkes, J. Beekman Finlay, et le Col. James A. Hamilton.

On peut imaginer avec quelle fierté les propriétaires de la coupe l'ont présentée à leurs amis à l'occasion du dîner qu'ils ont offert à l'Astor House.

Le trophée mesure vingt-sept pouces de haut, 36 pouces de circonférence et vingt-quatre pouces à la base; il pèse 134 onces. Ce n'est pas une coupe à proprement parler mais un récipient cylindrique ouvert aux deux extrémités et incapable de contenir des liquides. Elle a été faite en 1851 sur l'ordre du Royal Yacht Squadron par MM R. & S. Gérard, Panton Street, Londres, et porte le sceau des fabricants. Toutes les surfaces et les décorations sont maintenant couvertes d'inscriptions, l'une dédiée à la course de l'America, et douze pour les différentes rencontres courues ensuite. Une particularité de l'inscription de la première course, c'est que le nom de Aurora, qui finit deuxième derrière America, n'a pas été gravé sur la coupe (ce qui renforce l'affirmation qu'«il n'y a pas de second»), tandis que les noms des treize autres navires partants y figurent.

A l'origine, la coupe était la propriété des gagnants qui la détenaient à tour de rôle. Chaque membre du syndicat était attaché à elle et l'exposait sur sa table à l'occasion de dîners. À une époque, les propriétaires ont pensé fondre la coupe, de sorte que chacun d'entre eux pourrait avoir une médaille fabriquée à partir de l'argent, estampillée ou gravée avec la date et une inscription commémorative et pourrait la conserver dans la famille comme un héritage. Mr. Philip Schuyler, fils de George L. Schuyler et petit-fils du Colonel James A. Hamilton, était chargé de mener à bien cette idée qui, heureusement, mourut (l’idée) de sa mort naturelle.

Certains des cinq premiers propriétaires sont morts et la coupe est restée en possession des survivants jusqu'à ce qu'une idée prenne forme dans le cerveau de George L. Schuyler: en faire un trophée international. Les propriétaires survivants acceptèrent l’idée de M. Schuyler et la coupe a été remise au New York Yacht Club le 8 Juillet 1857, avec les conditions suivantes qui constituent ce qui est communément connu sous le nom de "acte de donation" :

L'acte de donation originalTout yacht club officiel d'un pays étranger doit toujours avoir droit, par l’intermédiaire d'un ou plusieurs de ses membres, de revendiquer l'organisation d'un match pour cette coupe avec n'importe quel yacht ou autre bâtiment de trente à trois cents tonnes, mesuré par la règle de jauge du pays auquel appartient le navire.

Les parties qui désirent concourir pour la coupe devront faire un match déterminé par consentement mutuel, mais, en cas de désaccord sur les termes, le match sera organisé sur le parcours normal de la régate annuelle du club du yacht en possession de la coupe, et en respectant ses règles de course et ses règlements de navigation - la partie qui conteste sera tenue, avec six mois de préavis, de fixer par écrit la date du début de la rencontre ainsi que la longueur, la jauge, le gréement et le nom du navire.

Il doit être bien entendu que la coupe restera la propriété du club, et non de ses membres, ou des propriétaires du navire gagnant, et que la condition de remettre la coupe en jeu aux yacht clubs de tous les pays étrangers sur les termes ci-dessus prévus, doit toujours être respectée, rendant de ce fait la Coupe comme un défi perpétuel amical entre les pays étrangers.

Le New York Yacht Club, après avoir accepté la coupe, a envoyé un avis à tous les clubs étrangers, en date du 21 Juillet 1857, les informant de leur prise en charge du Trophée et les invitant «à concourir avec brio", promettant à tous les challengers "un accueil chaleureux et le plus strict fair-play".