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4EME COURSE - 18 SEPT. 1930

Catégorie : 1930 : DEFI N°14

Harold S. Vanderbilt, skipper of Enterprise, and thr afterguardENTREPRISE REMPORTE LA SÉRIE ET L'AMÉRIQUE CONSERVE LA COUPE

SIR THOMAS PLEURE L’ÉCHEC COMME LA FIN DE L'AVENTURE

NEWPORT, R.I., le 18 sept. -. Les espoirs de Sir Thomas Lipton de remporter la Coupe de l'America sont tombés à l'eau aujourd'hui quand Enterprise, ...

... le défenseur américain, l'a vaincu de 5 minutes et 44 secondes. Sir Thomas Lipton a terminé sa quête de la Coupe de l'America. Il a lancé son dernier défi, construit son dernier bateau et a navigué sa dernière course pour la Coupe de l'America.

Five seconds before the start of the fourth race

La course racontée par Harold S. Vanderbilt :

"Shamrock a perdu la course avant qu'elle ne commence."

Shamrock V et Enterprise couraient pour la dernière fois le lendemain. C'était une journée de course idéale, claire et lumineuse, avec une brise fraîche O.N.O. de 14 nœuds et une mer assez lisse. Le parcours était triangulaire, un pers, un petit portant et un grand portant. Environ huit minutes avant le départ un changement du vent de deux points vers l'ouest a privilégié la bouée de fin de ligne.

Shamrock V a franchit la ligne au coup de canon à proximité du remorqueur du comité alors que Enterprise a coupé à la fin de la ligne près de la bouée, les deux bateaux tribord amures. Juste avant le départ, le Colonel Sharman Crawford, le représentant du Royal Ulster Yacht Club à bord d'Enterprise, a fait remarquer:

"Shamrock a perdu la course avant qu'elle ne commence."

 

Shamrock V - Dimensions: 50×35 cm Technique: GouacheLe premier bord

Le Challenger était au moins une demi-douzaine de longueurs derrière mais à peine une longueur au vent de notre sillage. Il a viré une minute plus tard et nous l'avons suivi. Les bateaux étaient côte à côte, le défenseur six longueurs au vent. S'ensuit un long bord sur bâbord amure. Enterprise dominait Shamrock en cap et en vitesse. Nous avons touché les premières risées et bénéficié d'une meilleure brise. On a augmenté notre avance à un rythme étonnant jusqu'à la bouée au vent.

Le deuxième bord

Sur le deuxième bord nous avons établi le foc volant No 1 (lourd) que nous avons affalé à un mile de la seconde marque, quand le vent soufflait plus fort qu'à n'importe quel autre moment de la série.

Le Challenger gagnait en temps sur ce bord mais notre «stadimetre» ne montrait aucun gain de distance. Nous avons fait un empannage prudent, plutôt lent, autour de la seconde marque et renvoyé notre foc volant No 1. Le génois aurait été plus efficace sur le long portant vers l’arrivée mais comme nous avions de l'avance, il n'y avait aucune raison pour prendre des risques inutiles. Au milieu du bord, le vent a faibli un peu. Shamrock V gagnait du terrain. Nous avons envoyé notre petit génois, plus tard notre petit spi, et le Challenger a arrêté nous rattraper.

"The Tacking Duel"  By Russ Kramer  Oil on linen, 44” x 27”Reflexions...

Alors que nous approchons de la ligne d'arrivée de la course décisive pour la Coupe de l'America, nous (je me permets de parler au nom de notre cellule arrière) étions assaillis par une série d'émotions contradictoires. Il y avait suffisamment de temps pour réfléchir. Enterprise était tout à fait capable de naviguer seul dans cette brise régulière par mer calme. Les voiles soigneusement réglées depuis longtemps par la main de maître de Sherman Hoyt ne nécessitaient aucune attention. Seul l'homme à la barre, Starling Burgess, était occupé. Il était normal qu'il devait emmener l'enfant de sa création à la victoire, c'est à lui qu'appartenait la plus grande partie de la victoire.

La bouée de la vieille America's Cup ...

Nous regardons vers l'avenir - il y avait la vieille bouée de la Coupe de l'America sur l'avant bâbord qui scintillait son feu clignotant terni par le soleil. Elle a été témoin de beaucoup de compétitions âprement disputées au cours de l'été, beaucoup d'espoirs ont été ruinés et d'autres ont émergé comme une coque blanche avec un long espar passée par là. Si elle pouvait lire dans le cœur des hommes, elle aurait beaucoup d'histoires à raconter! Alors même que nous nous approchions, elle fit entendre un gémissement plaintif - de félicitation ou d'adieu? Sommes-nous destinés à ne jamais la revoir?The deck of Entreprise - The Mariners' Museum Elle a rempli son rôle; sans doute sera-t-elle bientôt enlevée, perdant son identité quand sera parquée parmi ses frères et sœurs à la base.

Le Comité de course ...

Sur notre tribord, nous voyons le remorqueur du Comité de course portant le légendaire cylindre rouge qui indique l'arrivée. Dans un instant, son coup de sifflet donnera un son bref lorsque nous traverserons la ligne, un autre quand Shamrock V passera, puis son travail de la saison sera terminé. Quelles pensées occupent l'esprit des trois membres de la commission, Edmund Lang, président, Colgate Hoyt, secrétaire, et Philip R. Mallory, monté sur le pont supérieur, en regardant le Challenger et le Defender franchissant l'arrivée! Certainement pas d'autres hommes auraient pu travailler plus durement et plus minutieusement tout au long de l'été. Ils ont sacrifié leurs vacances et même dû parfois renoncer à leur entreprise. Nous n'avons entendu aucun mot de reproche, rarement autre chose que des éloges pour la façon dont ils ont rempli leur mission. Ils méritent sûrement les remerciements et son appréciation reconnaissante du New York Yacht Club. Nous voyons le président qui s'apprête à se lever derrière le drapeau blanc qui marque une extrémité de la ligne d'arrivée. Il est prêt à crier «time» lorsque notre mât blanc franchira la ligne imaginaire entre la vieille bouée et le drapeau.

SHAMROCK vs. Royal Yacht VICTORIA & ALBERT - by Tim ThompsonLe Comité de la Coupe de l'America ...

Près du remorqueur du Comité, nous voyons deux bateaux à moteur avec les membres du Comité de la Coupe de l'America à bord. Ils sont restés pour nous voir jusqu'à la fin, et là ils attendent le baisser du rideau. Je ne pourrai jamais exprimer convenablement ma reconnaissance pour les nombreux encouragements du Comité de la Coupe et pour aide dans les jours qui ont suivi notre sélection. Sont-ils satisfaits des performance du yacht qu'ils ont choisi? Nos victoires sur Shamrock V ont sûrement justifié leur choix, si une justification était nécessaire.

Shamrock V ...

Et Shamrock V, où est-il? Nous regardons derrière. Il est environ un mile derrière, un bateau sévèrement battu, non seulement dans cette course, mais dans tous les autres, sauf peut-être la première. Notre heure de triomphe, notre heure de gloire est là, à portée de main, mais tempérée de tristesse. Remporter la Coupe de l'America est une immense gloire pour tous les navigateurs, alors pourquoi devrions-nous être aussi tristes!

Sir Thomas Lipton, 1920 - Rosenfeld CollectionSir Thomas ...

Par dessus tout, il y a dans nos esprits un sentiment de sympathie pour ce grand ancien sportif, Sir Thomas Lipton, avec qui nos relations ont été si agréables. C'est peut-être sa dernière tentative pour soulever la Coupe de l'America. L'ambition de toute une vie, pour laquelle il a dépensé des millions, ne sera peut-être jamais réalisée. Il était de notre devoir de lui fermer la porte au nez. Nous l'imaginons debout là-bas sur le pont de son yacht Erin, attendant l'arrivée pour être le premier à actionner son sifflet lorsque nous traverserons la ligne. Nous regardons de nouveau en arrière vers Shamrock V; sa cellule arrière garde aussi toute notre sympathie. Dans la défaite est le test de la vraie sportivité et ils se sont révélés des sportifs merveilleux, les meilleurs qu'on n'ait jamais affrontés. Si le Challenger avait fait une meilleure prestation, il aurait diminué les affres de la défaite, amélioré les joies de la victoire.

Les objets familiers ...

Nous sommes près de la ligne d'arrivée. Nos deux voiles légères préférés, notre génois et notre petit spinnaker nous poussent inexorablement en avant. Ils nous ont servi fidèlement toute la saison, et ont représenté plus d'un victoire. Il n'est que normal qu'ils soient établis pour la fin.

et les visages familiers ...

William Starling BurgessJ'observe sur le pont les objets familiers et les visages familiers. Quand nous reverrons-nous? Il y a Starling Burgess à la barre. Pendant les quinze derniers mois, il n'a rien fait d'autre que travailler, rêver et manger Enterprise. Sans lui, nous n'aurions jamais pu grimper les échelons du succès.

En face de lui, enfoncé jusqu'à la taille dans son cockpit, se trouve Winthrop Aldrich, le directeur du syndicat et notre navigateur. Il a adhéré à notre syndicat dès sa création, l'a managé habilement, a recueilli les fonds, commandé le matériel, payé les factures, s'est acquitté de ses fonctions de navigation de la manière la plus efficace et, dernière chose mais pas la moindre, il a persuadé Sherman Hoyt de se joindre à notre cellule arrière.

Près de lui se trouve "Bubbles" Havemeyer, notre assistant barreur et homme à tout faire. Il est resté à bord du navire pendant tout l'été, il a navigué près de la moitié des 3000 miles couverts et l'a très bien fait. Il a été comme le sirop calmant à mon tempérament un peu nerveux et m'a calmé à tel point que je vais maintenant parler à peine plus fort qu'un murmure.

Harold S. Vanderbilt, skipper of Enterprise, and thr afterguardM. Monsell, notre maître d’équipage, parle avec «Bubbles». Il a beaucoup d'attributs, outre sa conversation, et notre succès a été dans une large mesure en raison de son génie de la planification, la prévision et l'organisation. Peut-être son plus grand exploit a été sa capacité à garder son équipage heureux, enthousiaste et satisfait.

Sherman HoytComme je regarde le spinnaker, mon regard se pose sur M. Klefve, notre premier maître, en charge des manœuvres des voiles, opérations qu'il a effectuées à l'entière satisfaction de son manager dirigeant, Sherman Hoyt. Pour plaire à Sherman il faut connaître son travail et pour avoir le respect de M. Klefve, comme Sherman l'a, America's Cup Enterprise Wins... PRESCOTT JOURNAL MINER, Prescott, Arizona, September 19, 1930.il faut un vaste fonds de connaissances et d'expérience que peu de personnes possèdent comme Sherman. Sherman, qui se tient à côté de moi, est certainement une classe à part en tant que régleur de voiles légères et ses conseils pour la tactique ont été très précieux pour nous.

Nous n'aurions probablement jamais été sélectionnés si nous n'avions pas eu les services de l'un de ces hommes. Mon regard s'attarde sur M. Nelson, notre second maître digne de confiance, car il se trouve dans l'écoutille entreponts trappe, sur Willie et Koppil, nos hommes du gréement alertes qui travaillent dur sans jamais se plaindre, et sur d'autres trop nombreux pour être mentionnés, mes pensées descendent dans les entrailles du navire où nos fidèles travailleurs de l'ombre qui ont tourné les treuils tout l'été, et ma gratitude va particulièrement à notre troisième maître, M. Larsen qui n'a jamais envoyé une voile avec un tour durant toute la saison. Une fois de plus je me demande, quand je regarde les visages familiers autour de moi: «Quand nous reverrons-nous?»

La ligne d'arrivée

Nous sommes juste sur la ligne d'arrivée, 10 secondes de plus et tout sera terminé. Sherman est appuyé contre le tangon à côté de moi. «La fin de la longue traque» je murmure. Il hoche la tête. Un court «toot», suivi par d'autres plus prolongés: «toot-toot».

Enterprise a gagné la Coupe de l'America !

 

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